Guesch Patti, l’interprète du tube mythique « Etienne », est morte à l’âge de 80 ans

22 juin 2026 - 17:38 - 101 vues

Guesch Patti, l’interprète du tube mythique « Etienne », est morte à l’âge de 80 ans

Lauréate d'une Victoire de la musique en 1987, la chanteuse et danseuse s'est éteinte des suites d'une longue maladie. Derrière l'immense succès commercial de son titre phare, elle cachait une relation complexe avec la notoriété et une passion indéfectible pour la liberté artistique.

La chanson française perd l'une de ses figures les plus singulières des années 1980. La chanteuse Guesch Patti est décédée à l’âge de 80 ans des suites d’une longue maladie, dans la nuit du dimanche 21 au lundi 22 juin. L’annonce a été officialisée par l’agence Sébastien d’Assigny, qui salue dans un communiqué « la mémoire d’une femme pleine de vie dans son expression artistique ».

De son vrai nom Patricia Porrasse, cette ancienne rat de l’Opéra de Paris avait accédé à une notoriété fulgurante et internationale en 1987 grâce à « Etienne ». Ce titre aux paroles hautement suggestives et au rythme envoûtant avait bousculé les hit-parades : « Etienne, Etienne, Etienne Oh, tiens-le bien / Baiser salé, sali, tombé le long du lit / De l’inédit, il aime à la folie / Au ralenti, je soulève les interdits », chantait-elle. Accompagné d’un clip mémorable en noir et blanc où l’artiste apparaissait en corsage et bas résille, le morceau était devenu un véritable phénomène de société, lui permettant de décrocher la Victoire de la musique de la « Révélation féminine de l’année » en 1987.

Le poids d'un succès « phagocyte »

Cependant, ce triomphe planétaire s’est rapidement révélé être une cage dorée. Se définissant elle-même comme un « caméléon », Guesch Patti souffrait de voir le reste de son œuvre éclipsé par ce seul tube. Sa véritable passion résidait ailleurs, dans le dialogue entre les disciplines et notamment dans la danse contemporaine.

En 2001, alors qu’elle était à l’affiche à Paris d’un spectacle de danse contemporaine, elle s’était confiée avec franchise à l’Agence France-Presse (AFP) sur la manière dont le succès d’« Etienne » avait phagocyté sa trajectoire. Elle exprimait alors un profond besoin de travailler à l'écart du tumulte : « Je n’ai pas envie de vivre à nouveau ce que j’ai connu avec Etienne. Je veux me préserver d’une nouvelle surenchère médiatique. J’ai fini de jouer », déclarait-elle.

En 2002, sur le plateau de France 3, l'artiste était revenue sur la lourdeur de cette renommée soudaine, confessant avoir subi une pression inadaptée à son tempérament. Elle ne cachait pas avoir été profondément heurtée par les logiques commerciales d'une industrie musicale qui l’avait alors traitée « comme un produit ». Elle laisse aujourd'hui le souvenir d'une créatrice entière qui aura préféré la sincérité de l'art aux illusions du show-business.